Le savon d’Alep trouve refuge en banlieue parisienne

20 Déc 2016 by

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Je me suis souvent posé la question, depuis que la guerre en Syrie a commencé et depuis les événements d’Alep, d’ou venait le savon d’Alep puisqu’il ne semblait pas y avoir de pénurie. Je veux parler bien sur du savon estampillé, du vrai savon d’Alep fait selon les recettes ancestrales, à la bonne odeur de laurier.

Voici la réponse trouvée sur un article de Boursorama:

Victime collatérale de la guerre en Syrie, le fameux savon d’Alep, réputé pour ses qualités hydratantes et apaisantes, a trouvé refuge ailleurs. Comme en banlieue parisienne, où une entreprise perpétue la tradition avec l’aide d’un maître savonnier syrien.

La zone industrielle de Santeny, au sud-est de la capitale française, ne ressemble en rien au souk d’Alep, jadis remplis d’échoppes centenaires et ses caravansérails, aujourd’hui en grande partie détruit. Pourtant, un de ses bâtiments abrite depuis deux ans une fabrique de savon d’Alep, héritage d’un savoir-faire ancestral.

Dès l’entrée, les parfums de laurier et d’olivier se répandent dans les couloirs. Dans les locaux, des montagnes de pains de savon achèvent leur maturation.

Blouse blanche sur le dos, Hassan Harastani remue un mélange verdâtre dans un énorme chaudron bouillant. Avec Samir Constantini, un médecin reconverti dans la cosmétique, il dialogue en arabe.

C’est ce dernier qui a monté la société « Alepia » en 2004. D’abord en important depuis la Syrie, puis en se lançant dans la production. Son projet était de monter une fabrique de savon dans la périphérie d’Alep en collaboration avec Hassan Harastani, maître savonnier.

Mais le conflit a éclaté et presque toutes les fabriques de savons, qui attiraient des touristes du monde entier, ont été détruites.

Le savonnier et sa famille ont alors quitté leur ville en proie à de violents combats et devenue une ville martyre du conflit. « On a quitté notre pays, nos maisons, nos entreprises, nos amis… », soupire-t-il.

Avant la guerre, la région d’Alep comptait une cinquantaine d’usines. Aujourd’hui, plus qu' »une ou deux » persistent, selon lui. « J’avais beaucoup de clients en Syrie mais aussi à l’étranger, en France, en Italie, en Allemagne, dans le Golfe, en Corée du Sud, au Japon, en Chine… », se souvient Hassan Harastani.

« J’étais une personne ordinaire, j’aimais mon travail et ma famille, j’avais de bonnes relations avec mes clients (…) C’est la seule profession que je connaisse depuis plus de 35 ans. »

– ‘On retournera en Syrie’

Lorsque Samir Constantini lui propose de le rejoindre en France, il n’hésite pas. Après de longues démarches administratives, il débarque près de Paris et reprend son activité de savonnier.

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